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Vivons avec la nature au potager

  

Un jardin potager permet non seulement de produire et savourer de délicieux légumes, mais également de se rapprocher de Dame Nature. La flore et la faune qui vivent à proximité des légumes sont l'occasion de passionnantes découvertes pour petits et grands. Apprendre à observer, à suivre l'évolution des plantes, à connaître son sol sont riches d'enseignements pour cultiver des légumes. Partons explorer le jardin pour mieux vivre en harmonie avec la nature.

Décoder le langage secret de la nature

Certains jardiniers pestent contre les "mauvaises" herbes qui poussent spontanément dans le jardin, sans savoir qu'elles peuvent leur être très utiles. En effet, elles donnent des indications sur l'acidité ou l'alcalinité du sol. Ainsi, la présence de fougères, de ravenelles, de prêles ou de digitales indique que la terre est acide. Par contre, si vous remarquez des coquelicots, des bleuets, des chardons, des primevères sauvages ou des matricaires, il y a fort à parier que votre sol est calcaire. Si vous n'avez pas de plantes indicatrices ou si vous avez un doute, vous pourrez demander une analyse à partir d'un échantillon de votre terre auprès d'un laboratoire ou de votre distributeur de produits de jardin. Il faut savoir que la plupart des légumes poussent normalement dans un sol neutre ou légèrement acide. Si nécessaire, vous pourrez le corriger en douceur par des apports réguliers en chaux (s'il est trop acide) ou en matières organiques (s'il est trop calcaire).

Ecouter "radio nature"

En ouvrant l'œil et en écoutant "radio nature", vous serez également informés avant vos voisins sur la météo et le calendrier des gestes à accomplir. Par exemple, si vos artichauts s'entrouvrent légèrement, vous saurez qu'il va bientôt pleuvoir. La sortie des escargots et des limaces annonce aussi l'approche d'un orage. Les araignées, qui effraient à tort certaines personnes, ont un message à nous communiquer : quand elles sont présentes le matin, la pluie n'est pas loin. Par contre, si vous ne les voyez que le soir, le lendemain sera beau. De même, sans avoir recours à un baromètre, I'aspect du ciel, la forme des nuages, la présence de brouillard le matin ou le soir, le sens du vent vous aideront à prévoir le temps. A force d'observations et avec de l'expérience, vous deviendrez de plus en plus performants dans vos prévisions météorologiques.

Au jardin, les différents travaux doivent être réalisés "en temps et en heure". Il ne faut pas se fier uniquement à un calendrier. Ainsi, les floraisons sont de bons indicateurs de l'avancement des saisons et de I'arrivée du printemps en particulier. Par exemple, la floraison du lilas vous donnera le feu vert pour la plantation des pommes de terre.

En notant les dates de floraison sur un petit carnet, vous aurez ainsi des points de repères d'une année sur l'autre, même s'il y a parfois des "accidents climatiques".

11 existe de nombreux autres informations à décoder de Dame Nature. Demandez-les vite aux anciens, avant qu'elles ne tombent dans l'oubli. Les dictons sont la mémoire de leur expérience, accumulée au cours des années et des siècles.

Le potager : un formidable observatoire du monde vivant

Pour découvrir le monde secret de la faune et de la flore du potager, il n'est pas nécessaire de posséder un matériel aussi sophistiqué que les caméras utilisées pour le merveilleux film "Microcosmos". Une simple loupe suffit. Montrez à vos enfants et petits-enfants le comportement des fourmis, des coccinelles et des pucerons. Expliquez leur que certains insectes sont utiles au potager (petites mouches appelées syrphes, coccinelles, scarabées ...) car ils sont parasites ou prédateurs d'insectes « ennemis » des légumes.

Vous pouvez également les faire s'émerveiller devant la naissance de la vie avec la germination des graines et la levée des plantules. Sous la loupe, ils découvriront aussi la diversité des légumes, de leur feuillage, de leur parfum ... Montrez leur par exemple la structure étonnante des inflorescences des choux-fleurs Romanesco, en forme de pyramide.

N'hésitez pas à les associer aux travaux du jardin jusqu'aux récoltes finales. S'ils le souhaitent, réservez leur un bout de terrain pour qu'ils s'initient aux joies du jardinage.

Ils seront fiers de leurs récoltes et apprendront des valeurs comme la patience et l'autonomie. Vous pouvez également leur aménager un nichoir pour faciliter la venue des oiseaux. Ce sont de précieux alliés des jardiniers, car ils se régalent de nombreux insectes et mollusques (limaces, escargots ...).

A observer la nature, toute la famille passera des heures captivantes et passionnantes tout au long de l'année.

Comment économiser "l'or bleu" ?

L'eau est un bien précieux qu'il ne faut pas gaspiller. Elle est cependant indispensable pour que les légumes se développent. Mais lorsque le ciel se montre avare, comment gérer cette précieuse ressource de la nature pour obtenir des récoltes abondantes et savoureuses ? En effet, le prix de l'eau du robinet ne cesse d'augmenter d'année en année. D'une part, parce qu'elle nécessite des coûts importants pour son épuration et d'autre part, parce qu'elle se fait rare pour une consommation en progression. Si ça continue à ce rythme, le prix de l'eau du robinet va dépasser celui de ... I'essence. Après celle de l'or noir, voici donc l'ère de l'or bleu. Pour ne pas contribuer à son gaspillage, vous avez votre rôle (même modeste) à jouer au potager. Ne dit-on pas que "les petites rivières donnent les grands fleuves". Ainsi, vous éviterez d'arroser en plein soleil, car l'eau s'évapore très vite et ne profite pas pleinement aux légumes. L'heure idéale pour arroser est la fin de journée. Préférez les systèmes d'arrosage localisés au pied des plantes (goutte-à-goutte) plutôt que le jet ou l'asperseur. Un asperseur consomme 100 1itres d'eau par heure, tandis qu'un système goutte-à-goutte seulement 3 litres ! Freinez également l'évaporation de I'eau du sol, grâce à diverses astuces : binage, paillage, plantation de haies autour du potager, etc. Les jardiniers anglais connaissent les vertus du paillage, qu'ils appellent "mulch". Nos ancêtres utilisaient de la paille, mais maintenant, nous avons un choix plus large : paillette de lin, écorces de pin et même ... déchets de fève de cacao. Une autre astuce pour économiser l'eau consiste à ralentir son évaporation du sol. Pour cela, il suffit de briser la croûte du sol à l'aide d'une binette. Comme le dit un dicton, "un binage vaut deux arrosages". Enfin, pour réduire votre facture tout en arrosant vos légumes, vous pouvez utiliser l'eau de pluie (en la récupérant par exemple dans une réserve enterrée branchée sur les gouttières de la maison) ou celle des cours d'eau, d'étangs ou des puits. Renseignez-vous à la mairie pour savoir si vous pouvez pomper dans le ruisseau qui longe votre jardin. Cela est interdit dans les cours d'eau domaniaux. Si vous souhaitez pomper dans un puits laissé à l'abandon, faites analyser son eau pour vérifier son taux de nitrates et la présence de bactéries. Elle est peut-être impropre à cet usage.

Pour découvrir d'autres techniques culturales vous permettant d'œuvrer avec la nature, demandez la fiche intitulée "Le mariage des légumes, la rotation des cultures et le recyclage des déchets verts pour vivre avec la nature au potager". Elle est disponible au :

GNIS - Vivons au potager - Maison des Agriculteurs
2 Rue Léon Patoux - 51664 Reims Cedex 2
(contre 1 timbre à 3 francs)