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Communiqué du 12-02-2004

COOP DE FRANCE

Déclaration de Philippe Mangin, Président de Coop de France

Quel serait le visage de l'agriculture française aujourd'hui si les agriculteurs n'avaient pas su construire un mouvement professionnel aussi organisé et solidaire ? Partout en Europe et dans le monde, il est observé, sollicité et envié.

Combien resterait-il de nos 600 000 exploitations si elles n'avaient pas eu la chance de construire leur développement sur une mutualisation de leurs efforts dans leurs CUMA, leurs groupements de producteurs, leurs coopératives ou dans leurs nombreuses organisations de services qui tissent notre monde rural ?

Sans ce formidable réseau qui a su associer l'efficacité et la solidarité, des régions entières n'auraient jamais résisté au laisser-faire économique, ni à l'irrésistible force de « déménagement » du territoire.

Pour traduire cette solidarité entre filières, entre territoires, entre générations, il fallait des moyens financiers : notre Profession a eu la clairvoyance et la volonté il y a 40 ans d'autofinancer collectivement son développement. Conformément à l'article 2 de la loi d'orientation de 1960, les Pouvoirs publics ont encouragé cet effort, lui ont donné une base légale et se sont impliqués dans la collecte des contributions financières des producteurs : tel était l'objet des taxes parafiscales.

Ainsi, les agriculteurs du Bassin Parisien ont apporté une immense contribution au développement de l'agriculture du Massif Central ou de Bretagne, par l'ANDA interposée.

Ainsi, les céréaliers ont longuement soutenu les projets économiques des éleveurs à travers Unigrains et son fonds de solidarité.

Aucun système n'est figé : le Parlement a mis fin à la parafiscalité, soit ; Bercy a considéré que les fonds propres de l'ANDA, d'Unigrains, d'Arvalis ou du Cetiom « appartenaient » juridiquement à la collectivité publique : juridiquement soit, mais n'oublions pas qu'ils étaient aussi le fruit d'années d'efforts des agriculteurs, en dépit de conjonctures économiques difficiles.

Ces changements de cadre juridique ne justifient pas, loin s'en faut, le véritable procès qui est aujourd'hui instruit contre notre Profession.

Celles et ceux pour lesquels l'engagement, la solidarité, l'unité professionnelle et l'intérêt général ont marqué l'action quotidienne sont consternés par le traitement réservé à ce qui est présenté comme une « affaire » de plus...

Transformer notre solidarité en malversation est une scandaleuse malhonnêteté intellectuelle : à ce compte-là, l'individualisme, la montée des intérêts catégoriels de tout poil et des extrémismes ont de beaux jours devant eux.

Pour faire échec à ces amalgames et à cette confusion, nous devons reconstruire tous ensemble un grand dessein pour l'agriculture française, qui s'appuie sur un mouvement professionnel rénové.

Coop de France a la volonté de servir cette ambition commune ; c'est pourquoi elle s'attache en son sein à redéfinir son projet et son organisation et à s'inscrire dans l'efficacité, la solidarité et le progrès.