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Communiqué du 02-02-2004

INTERCHANVRE

« Les enjeux du chanvre
face au développement durable »

Un ancien Premier Ministre norvégien donnait du développement durable la définition suivante :

« c'est le développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs »

Les cultures non polluantes correspondent à cette définition et parmi elles, le chanvre industriel présente de nombreux atouts, comme le rappelle Bernard Lutel, président de l'organisation professionnelle « Interchanvre ». La culture du chanvre présente des atouts environnementaux considérables mais ses utilisations, notamment en remplacement des fibres minérales, tant en plasturgie qu'en isolation dans le bâtiment en font un allié pour l'agriculture durable et plus généralement pour le développement durable.

C'est en effet une culture qui n'exige pas de traitements phytosanitaires (herbicides, fongicides). Ses méthodes de culture et de récolte sont simples et traditionnelles et la plante constitue une excellente tête d'assolement en rotation avec les céréales. Elle offre enfin une bonne rentabilité économique pour l'agriculteur...

Marchés traditionnels et émergents

Encore faut-il que ce type de productions « propres » et « citoyennes » trouve des débouchés économiques. Là encore le chanvre industriel est bien placé et la production française, la première dans l'Union Européenne, procurée par 9500 hectares (7700 en 2002) cultivés par 1000 agriculteurs, s'écoule actuellement sous ses diverses formes : fibres, chènevotte, poudre et chènevis, sur les marchés. Les fibres (33 500 tonnes), sont utilisées pour la pâte à papiers spéciaux, l'isolation des bâtiments, l'emballage, les pièces pour automobiles en incorporation avec le plastique et dans tous les cas où la laine de chanvre peut se substituer à la laine de verre, présentant alors fréquemment un avantage économique et surtout de biodégradabilité. La Chènevotte (57 000 tonnes) est employée pour les litières animales, l'isolation et la poudre (17 500 tonnes) sert de litière et d'amendement organique. Enfin, l'utilisation la plus connue du public est pour l'oisellerie, la pêche sportive, tandis que se développe le débouché alimentaire avec une huile très diététique.

Les perspectives offertes par les marchés émergents font apparaître un développement sur 5 ans de + 25 % pour les papiers spéciaux, de 55 % pour l'automobile, les pièces techniques, la plasturgie.

La filière peut faire face à une demande croissante

La filière se sent de taille à satisfaire cette demande croissante de produits sains, naturels et recyclables dans les marchés émergents. L'Institut technique du chanvre travaille à l'amélioration du rendement économique et agronomique de cette production, ainsi que l'obtenteur de semences, coopérative implantée dans le Maine et Loire. La filière participe activement à la sélection génétique des semences afin d'empêcher tout amalgame avec le cannabis. Les semences de chanvres industriels sont, pour ce faire, totalement sécurisées et contrôlées, la surveillance étroite des cultures et la traçabilité totale des lots écartent tout risque de présence de substances psychotropes (le THC).

Ainsi que le résume fort bien Monsieur Savourat, Président de l'Institut Technique du Chanvre, il est maintenant temps de passer du savoir-faire au faire savoir et communiquer sur l'ensemble des atouts que représente cette plante traditionnelle qui n'en demeure pas moins une plante d'avenir.