L'info en direct

l'annuairele forumle magazinela librairiel'auteur
l'agendales annoncesl'entraideles formationsles fermages

Communiqué du 16-01-2004

GLON SANDERS

Les Voeux de Sanders pour 2004
Le retour du lien entre le travail et le revenu

Alain Glon, co-dirigeant du Groupe Glon fabricant des aliments SANDERS, présente ses voeux dans le communiqué ci-après.

La démocratie ça ne va pas de soi, il faut la vouloir et l'assumer. C'est mon vœu de citoyen pour 2004.

Les responsables n'ont pas à plaire, ni à épouser les sondages. Ils doivent assumer la mission qu'ils ont sollicitée et tenir leurs engagements. Chacun sait qu'il est indispensable de limiter les prélèvements obligatoires dont la France détient le record de toutes les démocraties. Nous sommes sur le chemin de l'Argentine, avant la débâcle l'ordre régnait à Buenos-Aires.

Chacun sait que le prélèvement ne peut baisser qu'en limitant la dépense. J'entends que 60 % de nos jeunes veulent entrer dans la fonction publique. Quand j'observe le glissement de nos textes de lois, le nombre de nos brillants jeunes gens qui désertent les sciences et préfèrent des carrières dans le droit, la justice ou la police, je m'interroge.

Ce n'est pas à ces jeunes qu'il faut faire reproche. Ils ont intuitivement compris que dès lors qu'il y a plus de gens à vivre des problèmes qu'à en souffrir dans notre pays la situation est insoluble alors, autant choisir d'être du côté qui gère les problèmes.

Mon deuxième voeu portera sur le retour du lien entre le travail et le revenu, 30, 35 ou 40 heures, chacun selon son souhait de vie ; il doit bien y avoir place pour quelque chose qui ne serait pas obligatoirement le travail intense ou... le chômage.

Sous couvert de générosité et d'assistance, nous avons en France construit une société particulièrement dure, l'une des plus dures d'Europe au plan social. L'employeur et l'employé ne se comprennent plus, quand ils parlent d'euros. Le premier parle de ce qu'il perçoit, le second parle de ce que l'autre coûte à l'entreprise. La différence est du simple au double, et pourtant les deux ont raison.

Le coût final de l'employé pour l'entreprise est tel qu'elle ne peut conserver que les meilleurs employés.

Quand j'imagine, quand j'observe qu'un employé, parce qu'il est simplement moyen ou parce qu'il n'a pas envie de courir chaque jour, peut se retrouver à la rue, dépendant de la générosité ou basculant dans la rébellion. Cette dérive de notre système est insupportable et heurte la conscience de l'employeur. Trop de protection tue la protection. Mais n'y aurait-il pas plus de gens à vivre du problème qu'il y en a à en souffrir ?

La France protégée qui vivait des supposés problèmes annonçait le pire pour l'inflation si les prix étaient libérés, elle annonçait le pire pour la monnaie si le change était libéré. Il nous faut rendre la liberté au travail. Nous ne sommes plus au temps de Zola, nous allons manquer de main d'œuvre à partir de 2006, le nombre de départs en retraite passant de 300 000 à 600 000 par an !

Dans un monde global, les reprises économiques seront de plus en plus courtes. L'économie et donc l'emploi ne redémarreront plus dans les pays où le coût du travail est plombé.

Mon troisième voeu sera que l'Etat se remette au service de la Nation.

Nous avons vécu 50 ans dans une économie économico-administrée et puis, brutalement, notre industrie provinciale a été jetée dans la mondialisation.

L'économie parisienne vit pour l'essentiel dans la sphère moins exposée des "services à la population". Cette mondialisation est un monde nouveau, plus dangereux, auquel nous n'étions pas préparés.

Dans la sphère agricole, nos régisseurs du passé ont déserté par crainte du combat ou en raison de la faiblesse des moyens financiers à répartir dont ils allaient désormais disposer. Nous sommes nus, sans stratégie, sans savoir faire en alliances d'entreprises. Les responsables vont devoir apprendre très vite les us et coutumes de ce monde nouveau, qu'aucune école enseigne, sinon l'école de la vie, par expériences et échecs.

Sidérurgie, textile, chaussures ont payé le prix fort. Il incombe aux dirigeants des entreprises du monde agricole et agro-alimentaire de trouver les voies qui ont réussi à l'industrie automobile française. Faute de le comprendre, faute de s'y employer, c'est tout le monde agricole, c'est toute l'économie régionale qui va continuer d'en pâtir.

Mais, seuls nous ne pourrons y parvenir, il faut que l'Etat retrouve crédibilité et stratégie.

Crédibilité : pour que nos jeunes gens puissent rester en France conduire leurs travaux sur le génie génétique par exemple. Mais aussi pour qu'une fiscalité de spoliation n'oblige pas les entrepreneurs à fuir à l'étranger.

C'est porter une extraordinaire responsabilité que de faire partir à l'étranger les jeunes en raison d'idéologie ; que de faire partir nos activités industrielles aussi victimes du harcèlement de la France protégée.

Stratégie : Si l'agriculture et l'alimentation sont des axes stratégiques du pays, alors il faut le dire, le vouloir, le construire. Le Brésil ne nourrira pas définitivement la terre entière. Le prix du fret, un S.R.A.S., une vache folle nous le rappellera. Il serait plus utile pour ce pays et l'humanité de lui acheter des droits de tirage de C02 plutôt que de le pousser vers la déforestation.

Le monde n'est pas limpide et pour les poulets aussi les paradis fiscaux sont ouverts. Le talent de nos éleveurs et entrepreneurs ne suffira pas ; pour un dirigeant la naïveté est une faute.

Si nous devons perdre nos activités manufacturières alors, il serait préférable d'externaliser au Maghreb plutôt qu'en Chine. La France survivra à cette perte d'emplois nous dit-on, mais nous en paierons autrement le prix en ne donnant pas sa chance aux peuples de la Méditerranée. Nous paierons beaucoup plus cher que les 2 ou 3 % de différentiel de prix de revient sur le produit; nous le paierons tant par le retrait de nos exportations alimentaires que par l'importation d'insécurité.

Ne pas avoir compris que nous ne sommes plus dans la relation mondiale du fort au faible, mais à la relation du fort au fou est une erreur grave pour notre futur.

Plus près de nous, mon quatrième voeu sera que les liens qui nous unissent ici soient plus forts que les divisions venues d'ailleurs.

Pontivy (56) et Loudéac (22) vont avoir un hôpital neuf, c'est essentiel aussi pour que nos collaborateurs résident en Bretagne Centrale. Ce sera gagné si nous méritons par nos comportements que les meilleurs médecins viennent exercer leurs talents dans cet hôpital.

Après avoir tant donné, le monde agricole souffre plus que de raison, quasiment dans l'indifférence. Chacun doit le savoir, en tenir compte dans ses comportements, et supporter que le coq chante dès que le soleil se lève. Il est des régions où les pompiers ont remplacé les paysans disparus.

Après la pénurie de grains que nous vivons, nous allons connaître une pénurie d'agriculteurs. Il nous faudra alors se souvenir du manque de compréhension et de tolérance à leur égard.

Lorsque j'entends que des anglais offrent ici leur maison de campagne pour héberger des réfugiés venus de l'Est alors l'espoir est de mise.

J'ai foi en l'homme.

Alain Glon