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Communiqué du 17-12-2003

AGENCE DE L'EAU ADOUR-GARONNE

Les ressources en eau du grand Sud-Ouest
jugées insuffisantes pour satisfaire
demandes et écologie

Près de 130 personnes ont assisté au dernier Comité de Bassin de cette année.

Le Président Jean FRANÇOIS-PONCET a rappelé en introduction, l'état préoccupant des ressources en eau du grand Sud-Ouest et la volonté du Comité de Bassin de s'engager dans un programme plus ambitieux pour mieux adapter les ressources aux besoins. Pour cela, il souhaite que les ministres de tutelle ne s'opposent plus au redressement du niveau des redevances à un niveau comparable à celui en vigueur dans les autres bassins en prenant en compte, bien entendu, l'état des ressources économiques respectives.

Aux points de l'ordre du jour, on a pu noter :

L'un des objectifs de ce débat est d'informer le public et de le mettre en relation avec des interlocuteurs susceptibles de répondre aux questions qu'il se pose. Un dizaine de réunions étaient programmées, la dernière aura lieu le 19 décembre à Toulouse. Ces réunions ont rassemblé un public nombreux (de 500 à 1 000 personnes). Jean-Claude Flamand, directeur de recherches à l'INRA, rapporteur, a regretté le manque d'écoute, "le peu d'intelligence collective" qui ressort des échanges. La commission du débat public n'a pas à donner d'avis, mais elle rendra compte des questions soulevées et des réponses apportées dans son rapport qui sera produit au plus tard deux mois après la conclusion du débat. Le SMEAG (syndicat mixte d'étude et d'aménagement de la Garonne), maître d'ouvrage, disposera alors d'un délai de trois mois pour décider de la suite qu'il entend donner à ce dossier. Rappelons que Charlas est un projet de réservoir de 110 millions de m3 né il y a plus de 10 ans et destiné à réalimenter la Garonne et donner de l'eau à la Gascogne. Son coût est estimé à 256 millions d'euros.

Météo France a présenté les conclusions d'une étude prospective que lui avait confiée l'Agence de l'Eau, visant à évaluer les tendances climatiques sur les cinquante prochaines années. Tous les scénarii s'accordent pour prévoir une élévation des températures d'été, une diminution du manteau neigeux et une augmentation des précipitations d'hiver et de printemps, c'est-à-dire un renforcement des étiages et paradoxalement des crues.

Le Comité de Bassin a adopté une motion prenant acte de la décision du Conseil d'Etat qui a annulé l'arrêté déclarant d'utilité publique le barrage de Trézence sur le bassin de la Charente. Ce barrage (45 millions de m3, 67 M€ d'investissement) était en effet destiné à soutenir les débits d'étiage de la Charente et de la Boutonne et d'assurer au bassin ostréicole de Marennes-Oléron les apports en eau douce nécessaires aux naissains, tout en maintenant un niveau d'irrigation conforme aux besoins actuels. Le Comité regrette les conséquences de cette décision qui remet en cause les bases sur lesquelles s'élaborait le plan de gestion des étiages (PGE) Charente et demande au maître d'ouvrage, l'Institution Charente, d'examiner de façon approfondie les conditions dans lesquelles une gestion équilibrée des ressources en eau peut être mise en oeuvre dans ce nouveau contexte.

La Garonne joue un rôle structurant pour tout son bassin versant (55 000 km2, soit 1/10e de la superficie de la France). L'aire du PGE "Garonne Ariège" permet d'intervenir directement sur 1/3 de ce territoire et la totalité du château d'eau pyrénéen. Ce PGE représente plus de 19 000 km2, 3 régions (Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-roussillon), 11 départements et près de 1 500 communes. Sur cette zone, les prélèvements en eau ont été triplés en 30 ans et sont de l'ordre de 508 millions de m3 entre juillet et octobre (52% pour l'irrigation, 33% pour les besoins industriels et 15% pour l'eau potable). Les enjeux de ce PGE sont importants : restaurer les débits d'étiage par la mise en place d'une tarification spécifique, concilier tous les usages entre eux dans le respect d'un bon fonctionnement des écosystèmes, inciter aux économies d'eau et favoriser les règles de gestion collective.

Pour retrouver une gestion équilibrée, le PGE s'appuie sur deux scénarii, qui font tous les deux appel à des ressources nouvelles :

Le Comité de Bassin a approuvé le PGE, mais a souhaité à la quasi unanimité le compléter par une motion retenant explicitement ce deuxième scénario, qui présente en outre l'avantage de sécuriser les rivières gasconnes du département du Gers.

De plus, il a estimé qu'il serait de mauvaise politique de consommer des réserves d'énergie renouvelable (hydroélectricité) pour soutenir les débits d'étiage, car il faudrait alors faire appel à des sources thermiques génératrices d'effet de serre pour satisfaire la demande d'électricité. C'est ce qui s'est passé cet été.

A l'heure où de nombreux scientifiques s'interrogent sur le réchauffement planétaire, l'effet de serre, le développement durable, le Comité de bassin montre qu'il est dans cette logique en posant les bonnes questions et en lançant des études prospectives sur les dossiers locaux qui permettront de sauvegarder les richesses naturelles du grand Sud-Ouest Atlantique.