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Communiqué du 08-07-2003

COORDINATION RURALE

OGM : Il faut garder le moratoire

Le vote par le Parlement européen, le 2 juillet dernier, des règlements sur la traçabilité des OGM laisse présager la levée prochaine de l'embargo sur les OGM.

Politiquement, la levée du moratoire sur les OGM soulagerait beaucoup la Commission et quelques responsables politiques toujours plus ardents à satisfaire les intérêts des Etats-Unis que ceux de l'Europe et de ses populations.

Economiquement, les lobbies avancent les arguments en faveur d'une levée du moratoire en oubliant de mentionner que le statut globalement indemne d'OGM de l'agriculture européenne lui confère un avantage comparatif considérable sur les marchés extérieurs. C'est d'ailleurs la raison du conflit qui nous oppose aux USA.

Scientifiquement les quelques années du moratoire nous ont peu renseignés sur les impacts directs des OGM contenus dans l'alimentation sur la santé puisque quasiment aucune étude n'a été menée. Par contre, nous avons déjà de multiples exemples d'allergies, dont la plus célèbre est celle du maïs Starlink aux USA.

Cependant, la science a révélé que ces manipulations génétiques, pratiquées de manière empirique, aboutissaient à polluer doucement mais sûrement, et hélas, irrémédiablement, l'environnement en venant se mélanger aux plantes « authentiques », les transformant en plantes elles aussi OGM. Cette pollution biologique irréversible et expansive (selon les règles de la reproduction du vivant) aboutit à ce que l'on qualifie pudiquement de « présence fortuite », préfigurant une colonisation par les OGM. Malgré la faible quantité de gènes utilisés, on constate déjà leur dispersion, source de mélanges infinis. Il est donc maintenant avéré que la coexistence des cultures OGM et non OGM est impossible à cause du transport des pollens par le vent et les insectes. Les dizaines de milliers d'hectares pollués aux USA en sont la preuve.

Qui assumera les conséquences d'une pollution irréversible alors que l'on sait déjà que les assurances refusent d'assumer ce risque ?

Avant de provoquer un suicide environnemental collectif il s'impose donc :

de maintenir le moratoire en l'état, notamment au nom du principe de précaution tant de fois invoqué par les pouvoirs publics

d'intensifier la recherche et les essais en atmosphère contrôlée afin d'établir rapidement des certitudes quant aux impacts des OGM sur la santé et l'environnement.

La Coordination Rurale estime avec la Commission Française du développement durable que la diffusion des OGM est incompatible avec le développement durable. On ne peut prendre le risque de lever le moratoire et de continuer la dangereuse et irréversible politique d'essais en plein champ sans mettre en péril la richesse de la biodiversité qui est un patrimoine unique de notre humanité à léguer aux générations futures.

Un sursaut de l'Europe est encore possible : n'emboîtons pas le pas sur les Etats-Unis et ne tombons pas dans le piège de la standardisation et de la brêvetabilité du vivant.