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Communiqué du 26-06-2003

COORDINATION RURALE

Fischler a gagné ! Les paysans sont sacrifiés !

Après le temps des grandes déclarations et des fausses promesses au plus haut niveau de l'Etat affirmant le refus de toute « réforme de la PAC » avant 2006, c'est aujourd'hui les actes qu'il convient de juger.

La France a capitulé devant la Commission qui a bel et bien fait passer son projet de réforme. Les agriculteurs ne sont pas dupes : ni l'essentiel, ni les accessoires de la PAC n'ont été préservés, au contraire de ce qu'affirme Monsieur Gaymard.

Le découplage aux trois quarts des aides sur les céréales, c'est la charge explosive qui va détruire ce qui restait du concept d'agriculture européenne sur lequel s'est bâtie l'Europe.

Plusieurs signaux sont adressés aux agriculteurs :

- On les sacrifie à la logique des accords de l'OMC dont nul ne sait ce qu'ils apportent finalement de positif.

- Leur travail de producteurs d'aliments est nié : on va les assister encore quelques années en « accompagnant » leur disparition par des soins palliatifs que sont les aides découplées ou autres.

- La France ne sait plus défendre ce qu'elle a de plus précieux, à savoir son agriculture enviée de tous, qui l'a façonnée. Demain nous trouverons de grands espaces abandonnés aux ronces et aux incendies.

- L'agriculture n'a pas pu se faire entendre parce qu'elle ne dispose pas de moyens classiques auxquels ont recours les autres corps sociaux, à savoir la grève.

- La situation de désespoir dans laquelle sont placés les paysans aujourd'hui, alliée à la logique du découplage des aides, peut les inciter à envisager la grève des productions découplées avec les désordres économiques considérables que cela suppose.

- Une fois la PAC détruite c'est la logique des renationalisations des politiques agricoles qui va s'imposer. C'est la pire des situations qu'ont ait pu imaginer à la veille de l'élargissement à 25 !

- Les quelques jeunes qui envisageaient de s'installer comme agriculteurs vont, la mort dans l'âme, construire leur vie autrement : la « carotte » des aides supplémentaires proposées par la réforme ne les intéresse pas. Les paysans ne sont pas des ânes car ils voient beaucoup plus loin : une aide au démarrage n'a rien à voir avec la viabilité et la dignité d'un métier.