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Communiqué du 12-05-2003

COORDINATION RURALE

Le débat actuel sur les retraites :
surréaliste et dépassé !

La Coordination Rurale est frappée de constater que le débat actuel sur les retraites fait la part belle aux régimes spécifiques les mieux dotés (4% des cotisations et 8% des retraites versées selon les termes de l'économiste Michel Godet, économiste enseignant au Conservatoire National des Arts et Métiers) au détriment des situations les plus dramatiques parmi lesquelles elle déplore de compter les agricultrices et les agriculteurs (moyenne des retraites la plus basse : environ 460 euros par mois fin 2002).

Les agriculteurs, depuis l'instauration de la retraite, n'ont fait que subir une pression à la baisse sur leurs prix qui a permis de libérer un formidable pouvoir d'achat au bénéfice des consommateurs et du développement économique, faisant passer les dépenses alimentaires de 45 % des ressources des ménages en 1945 à moins de 15 % aujourd'hui.

Face à cette situation et de moins en moins nombreux, ils se sont trouvés dans l'incapacité de financer des retraites correctes pour leurs aînés dont la proportion, augmentait (3 retraités environ pour 1 actif en agriculture - coefficient cotisants/retraités 0,389 - contre 0,5 retraité pour 1 salarié dans le secteur général - coefficient cotisants/retraités 2,086).

C'est là la démonstration que le véritable problème à régler est celui de l'assiette de financement de la protection sociale et que la question de la durée de cotisation, subsidiaire, masque le réel défi qu'il faut relever.

Le devoir de lucidité s'impose : Le travail n'est plus partagé par la majorité d'entre nous comme c'était le cas lors de la création de la protection sociale française. Prétendre poursuivre le financement des retraites à partir des revenus du travail est donc suicidaire dans une compétition internationale exacerbée et sans concession puisque cela revient à pénaliser notre compétitivité par des charges sociales alourdies parallèlement aux pertes d'emploi consécutives à notre surcoût social.

L'urgence et la grande cause nationale ne sont pas de s'accrocher aux avantages nés d'une période où démographie équilibrée et croissance permirent de les financer, mais de sortir par le haut de ce cercle vicieux.

Il nous faut demain trouver une autre source de financement qui concilie la compétitivité de notre économie avec les valeurs fondamentales de l'équité et de la solidarité de notre protection sociale.

Cette assiette ne peut être que celle de la consommation des ménages puisqu'elle est partagée par tous.

Au titre du droit à l'expérimentation, la Coordination Rurale réitère sa demande de mise en place d'une "TVA sociale" sur les produits de l'agriculture, en utilisant ce secteur comme un grand laboratoire d'expérimentation sociale.

Transposable ensuite à l'ensemble des secteurs économiques cette innovation rendrait leur compétitivité aux productions françaises : les produits seraient exportés "hors-taxe" de protection sociale et nos importations, assujetties à ces taxes participeraient ainsi au financement de notre sécurité sociale.

Face aux blocages de la société sur cet angoissant et crucial problème des retraites, la Coordination Rurale demande au gouvernement de tenir un discours de vérité et d'enclencher l'indispensable modernisation d'un système social aujourd'hui obsolète, injuste et profondément inégalitaire.