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Communiqué du 28-04-2003

FNSAFER

La campagne française victime
de la périurbanisation ?

Les résultats de l'enquête annuelle des SAFER (1) montrent une nette évolution du prix du foncier rural en 2002. Ainsi, alors que les revenus agricoles évoluent à la baisse, le prix des terres a augmenté de 9,4 % (2) l'année dernière et cette hausse n'est que la poursuite d'une augmentation totale de 41 % depuis 6 ans. Cette déconnexion désormais structurelle entre le pouvoir d'achat des agriculteurs et le prix de la terre support de leur activité ne manque pas d'interroger. Au-delà de la baisse des taux d'intérêt, quelles en sont les raisons ?

La pression urbaine tout d'abord. La diffusion de l'urbanisation dans l'ensemble du territoire français s'accélère et l'extension des villes est loin d'être maîtrisée. Ce sont plus de 10 800 communes qui sont désormais considérées comme périurbaines. L'augmentation du nombre de bâtiments agricoles qui sont transformés chaque année en résidences principales ou secondaires est régulière et a concerné 36 900 opérations en 2002, soit une hausse de 165 % en 10 ans. L'évolution des prix est plus brutale : il faut désormais débourser en moyenne 130 000 euros pour venir vivre en milieu rural, ce qui ne laisse pas d'inquiéter les maires de communes rurales qui n'ont plus les moyens, à ce prix là, de réhabiliter des logements sociaux.

Cette diffusion de l'habitat urbain ne touche pas seulement les communes urbaines ou celles qui leur sont voisines : depuis 1993, ce marché a connu une augmentation moyenne sur l'ensemble du territoire de 175 % avec un pic à 191 % dans les communes appartenant à un pôle urbain et un autre de 183 % dans les communes rurales isolées.

Ensuite, l'artificialisation des sols se poursuit à une vitesse accélérée pour accompagner ces évolutions. Chaque année, ce sont plus de 60 000 hectares, souvent d'excellente qualité, qui changent de nature et quittent l'agriculture

pour devenir des infrastructures goudronnées et bétonnées, routes, voies de TGV, zones d'activité ou des terrains à bâtir (à titre de comparaison, la superficie agricole utile de chaque département français est en moyenne de 300 000 hectares…). Là encore, les prix, qui se sont envolés en quelques années pour atteindre une moyenne de 44 000 euros à l'hectare, donnent des références qui perturbent le marché agricole.

Cette modification de notre territoire national, réputé pour ses espaces et ses paysages ruraux, pose de sérieux problèmes à l'agriculture, responsable de sa mise en valeur et de son entretien, dans de nombreuses zones et bloque souvent les projets d'installation de jeunes agriculteurs. Il convient d'en débattre avant que la situation ne conduise à remettre en cause l'espace rural français tel que nous le connaissons.

En ce sens, André Thévenot, Président de la Fédération nationale des SAFER, a déclaré : "Il est indispensable que le projet de Loi sur les affaires rurales actuellement préparé par M. Gaymard permette de poser ce débat et de proposer des réponses politiques. Nous sommes confronté à un véritable choix de société. Pour leur part, les SAFER sont prêtes à se mobiliser et à relever le défi de missions nouvelles, en partenariat avec les Collectivités territoriales, pour gérer l'espace rural de façon durable, en prenant en compte les attentes légitimes de nos concitoyens et dans le respect des intérêts de notre agriculture".

 

(1) Sociétés d'Aménagement Foncier et d'Etablissement Rural
(2) en euros constants, 11,4 % en euros courants