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Communiqué du 06-02-2003

APCA

Naissance d'une rumeur

Depuis 15 jours, une «information» circule selon laquelle «l'Union Européenne octroie 2,20 $ de subvention par jour et par vache». Le chiffre avancé a été abondamment repris et commenté, sans qu'à aucun moment sa pertinence n'ait été démontrée.

Dans ce contexte, les Chambres d'Agriculture s'interrogent sur la méthode qui a permis à une information de circuler sans être vérifiée. En effet, son origine laisse rêveur. Elle serait le résultat d'une étude réalisée par l'ONG Social Watch et présentée au sommet de Porto Alegre.

Le chiffre figure, en effet, dans le dernier rapport annuel de Social Watch, dans un article rédigé par Michelo Hansungule, à la rubrique «Zambie». Il s'agit donc bien d'un article rédigé sur ce pays et non d'une étude, comme cela est affirmé. Dans cet article, le chiffre est cité, mais aucune source n'est explicitée. C'est sur cette base fragile qu'a été reprise l'information.

Or, selon la nature des chiffres retenus pour les aides ou pour l'effectif du cheptel européen, le montant est très variable. Ainsi, par exemple, si l'on divise l'ensemble des aides au secteur bovin (financements viande bovine+ lait = 10 007 millions d'euros en 2002) par l'effectif bovin total (81 millions de têtes en 2002), le soutien par vache et par jour s'élève à 0,34 euro.

«Dans un contexte européen et international tendu, car nous sommes en pleines négociations sur les relations commerciales, cette affirmation est de nature à fragiliser la place de l'Europe. Est-ce l'effet recherché ? Nous sommes en tous cas très surpris et interrogatifs de constater que des chiffres non démontrés et des informations non vérifiées, soient relayés aussi aisément ?

En outre, quelle est la pertinence d'une telle comparaison ? Chaque européen dépense chaque jour 15.34 euros pour sa protection sociale, 4.85 euros pour sa santé (source Annuaire Eurostat). C'est évidemment beaucoup plus que dans les pays en développement compte tenu des différentiels de niveau de vie. Pour autant, qui peut prétendre que ces dépenses ne répondent pas aux attentes de la population européenne ?

Devrions nous aligner ces dépenses sur des «prix mondiaux» ? Ce qui est vrai dans ces domaines l'est également pour l'agriculture : l'Union européenne ne finance pas des «vaches», elle finance un projet agricole, territorial et alimentaire au service des citoyens et des consommateurs européens.

Les agriculteurs européens ont répondu depuis 40 ans aux attentes de la société. Ces attentes ont été quantitatives dans un premier temps, car il fallait assurer notre indépendance alimentaire, elles sont aujourd'hui beaucoup plus qualitatives. C'est une évolution parfaitement légitime qui appelle une agriculture proposant des produits de qualité et diversifiés, respectueuse de l'environnement et du bien être animal, respectueuse des hommes et des femmes qui travaillent dans ce secteur d'activité en leur proposant des normes sociales conforment à celles dont bénéficie l'ensemble de la population» a déclaré Luc GUYAU, Président de l'APCA.